Confessions intimes
Posté : lun. 19 mai 2014 à 3:21
Je m'aperçois que je ne vous ai jamais conté une petite histoire de poisson que j'ai vécu.
Or donc je naquis en Nouvelle-Calédonie en l'an de grâce 1973 ... les aléas de la vie faisant, je fût emmené, de manière surprenante, dans les bagages de mes parents lorsqu'ils retournèrent à la mère patrie, sept ans plus tard. Les cons... des fois on passe vraiment tout près de moyens simples de se faciliter la vie...
Il faut savoir pour bien comprendre la (petite) histoire, que je n'ai pas de mémoire, et à fortiori peu de souvenirs de ces jeunes années calédoniennes.
Cependant il est une image qui m'est restée pendant de longues années depuis ce départ forcé, celle d'un énorme poisson baladant sa carcasse bleue et débonnaire entre les parois vitrées de l'aquarium de Nouméa première version (l'actuel est ouvert depuis seulement 2007).
Ce poisson appelé tendrement Léon par l'ensemble des calédoniens était un Napoléon. Ce qui fit d'ailleurs dire à certains que le premier découlait du second, mais je trouve cette explication un brin fantaisiste.
Bref!
Ce poisson donc, rare souvenir de mon enfance tropicale, a la caractéristique d'être gros et surtout longévif.
11 ans après être parti, je revins, car les aléas de la vie sont tenaces.
... et j'avais toujours le souvenir prégnant de ce fantasmatique labridae comme vient de me l'apprendre wikipedia (pour "labridae" je veux dire, wikipedia n'a pas accès à mes souvenirs... pas encore... au train où vont les choses... un jour... peut-être... sait-on jamais... une encyclopédie de ses propres souvenirs... pour ne rien oublier... cauchemar....)
re-Bref!
Peut-être une semaine après être arrivé, j'ouvre le journal, car mon père achetait le journal (oui je sais, ça n'a aucun intérêt, mais si je commence à faire concis, l'histoire tient en une phrase... et ce serait chasser mon naturel) et je vois que (je cite l'article de mémoire... c'est vous dire le côté factuel de la chose) :
"Aujourd'hui [on devait être en 91 si vos calculs sont bons] Léon, le Napoléon bien connu de l'Aquarium de Nouméa, a tiré sa révérence. Nonobstant la prouesse anatomique pour un poisson seulement pourvu de nageoires, il laisse un grand vide dans le cœur de plusieurs générations de nouméens, après avoir accompagné nombre de leurs errances familiales et dominicales... En effet, Léon est mort à l'âge de 21 ans. Les obsèques auront lieu dans l'intimité mais un registre de condoléance sera maintenu pendant 42 jours à l'entrée de l'aquarium. Prions Sainte Hélène"
Je ne suis pas mystique... pour moi le mystique est un petit animal bruyant et piquant qui pourri les soirées chaudes d'été, et qui ne mérite qu'une mort lente et douloureuse par écartèlement, cependant je dois avouer que cette "coïncidence" m'a fortement ému. Ému avec une pincée de regret néanmoins, celui de ne pas être aller le revoir avant qu'il ne disparaisse à jamais dans des souvenirs que le temps efface inexorablement, aussi inexorablement que se multiplie le Guppy, et qui, jusqu'à présent n'avait fait, tel un Paris temporal, que tanguer mais jamais sombrer.
Je m'en suis ouvert à ma très petite mais néanmoins honorable génitrice. Elle m'a dit d'un air entendu, empli de compassion maternelle et de compréhension universelle, comme seules savent le faire les mères : "il t'a attendu".
Je ne suis pas mystique, mais des fois, la vie c'est des coïncidences et ça fout les boules...
Or donc je naquis en Nouvelle-Calédonie en l'an de grâce 1973 ... les aléas de la vie faisant, je fût emmené, de manière surprenante, dans les bagages de mes parents lorsqu'ils retournèrent à la mère patrie, sept ans plus tard. Les cons... des fois on passe vraiment tout près de moyens simples de se faciliter la vie...
Il faut savoir pour bien comprendre la (petite) histoire, que je n'ai pas de mémoire, et à fortiori peu de souvenirs de ces jeunes années calédoniennes.
Cependant il est une image qui m'est restée pendant de longues années depuis ce départ forcé, celle d'un énorme poisson baladant sa carcasse bleue et débonnaire entre les parois vitrées de l'aquarium de Nouméa première version (l'actuel est ouvert depuis seulement 2007).
Ce poisson appelé tendrement Léon par l'ensemble des calédoniens était un Napoléon. Ce qui fit d'ailleurs dire à certains que le premier découlait du second, mais je trouve cette explication un brin fantaisiste.
Bref!
Ce poisson donc, rare souvenir de mon enfance tropicale, a la caractéristique d'être gros et surtout longévif.
11 ans après être parti, je revins, car les aléas de la vie sont tenaces.
... et j'avais toujours le souvenir prégnant de ce fantasmatique labridae comme vient de me l'apprendre wikipedia (pour "labridae" je veux dire, wikipedia n'a pas accès à mes souvenirs... pas encore... au train où vont les choses... un jour... peut-être... sait-on jamais... une encyclopédie de ses propres souvenirs... pour ne rien oublier... cauchemar....)
re-Bref!
Peut-être une semaine après être arrivé, j'ouvre le journal, car mon père achetait le journal (oui je sais, ça n'a aucun intérêt, mais si je commence à faire concis, l'histoire tient en une phrase... et ce serait chasser mon naturel) et je vois que (je cite l'article de mémoire... c'est vous dire le côté factuel de la chose) :
"Aujourd'hui [on devait être en 91 si vos calculs sont bons] Léon, le Napoléon bien connu de l'Aquarium de Nouméa, a tiré sa révérence. Nonobstant la prouesse anatomique pour un poisson seulement pourvu de nageoires, il laisse un grand vide dans le cœur de plusieurs générations de nouméens, après avoir accompagné nombre de leurs errances familiales et dominicales... En effet, Léon est mort à l'âge de 21 ans. Les obsèques auront lieu dans l'intimité mais un registre de condoléance sera maintenu pendant 42 jours à l'entrée de l'aquarium. Prions Sainte Hélène"
Je ne suis pas mystique... pour moi le mystique est un petit animal bruyant et piquant qui pourri les soirées chaudes d'été, et qui ne mérite qu'une mort lente et douloureuse par écartèlement, cependant je dois avouer que cette "coïncidence" m'a fortement ému. Ému avec une pincée de regret néanmoins, celui de ne pas être aller le revoir avant qu'il ne disparaisse à jamais dans des souvenirs que le temps efface inexorablement, aussi inexorablement que se multiplie le Guppy, et qui, jusqu'à présent n'avait fait, tel un Paris temporal, que tanguer mais jamais sombrer.
Je m'en suis ouvert à ma très petite mais néanmoins honorable génitrice. Elle m'a dit d'un air entendu, empli de compassion maternelle et de compréhension universelle, comme seules savent le faire les mères : "il t'a attendu".
Je ne suis pas mystique, mais des fois, la vie c'est des coïncidences et ça fout les boules...